Contre le racisme et les violences policières, pour une société juste et égalitaire

mardi 23 juin 2020
par  Fédération Sud CT

Depuis plusieurs semaines, la jeunesse de nombreux pays se mobilise contre le racisme, les discriminations, les violences policières.

L’assassinat de George Floyd par un policier le 25 mai dernier à Minneapolis, aux USA, a déclenché une vaste réaction populaire. C’est de la même façon qu’est mort, il y a 4 ans, Adama Traoré en France, où des dizaines de milliers de personnes, souvent très jeunes, se mobilisent, criant leur révolte contre ces injustices, liant ces deux meurtres et bien d’autres, bravant les interdictions de manifester.

Entre les USA et la France, la situation ne serait "pas tout à fait comparable, ni sur le plan de l’Histoire, ni sur le plan de l’organisation de la société" tente d’expliquer le gouvernement. Le 15 juin, le président dénonçait d’ailleurs le racisme tout en soutenant la police, refusant de mettre à jour les logiques historiques qui sous-tendent ces violences institutionnelles, confortant des pratiques policières d’un autre temps.

Certes la France et les USA n’ont pas la même histoire. L’esclavage sur le sol américain a laissé des traces sans doute plus profondes que le passé colonial français. Mais c’est bien dans ces mêmes oppressions qu’il faut chercher les origines du racisme. C’est notamment en France qu’est née la construction scientifique des "infériorités", justifiant la surexploitation hier des peuples colonisés, aujourd’hui des travailleurs-euses, par les classes dirigeantes. Et c’est bien à Paris que l’exposition coloniale de 1931 montre des zoos humains d’africain.e.s, de maghrébin.e.s, de kanaks...

Pas de « violences d’État instituées dans notre pays » ? C’est oublier cette police française qui prête serment à Pétain et qui rafle les Juifs, et qui tue des centaines d’algérien.ne.s lors de manifestations à Paris, le 17 octobre 1961, sous les ordres des mêmes supérieurs. C’est dans ce passé que se trouvent les racines des discriminations quotidiennes dans l’accès à l’emploi ou au logement, les contrôles au faciès, les brimades, les insultes... et les violences de la part de la police qui entraînent parfois la mort, notamment dans les quartiers populaires. C’est oublier aussi la répression policière, sur ordre des gouvernements, contre les manifestant.e.s !

Alors ce que nous affirmons avec ces jeunes et moins jeunes aux USA comme ici en France, c’est qu’il y en a assez de cette situation incompatible avec une société émancipatrice mais parfaitement logique dans une société capitaliste.

« Déboulonner » des statues, renommer des lieux ne suffira pas à régler la question. Il est urgent de regarder lucidement l’histoire de France et ses horreurs, de mettre fin aux politiques sécuritaires discriminantes institutionnalisées, de condamner les auteur.e.s de faits racistes. Il est temps de réfléchir ensemble à la prise en charge des questions de sécurité dans une société juste et égalitaire. Ne pas les affronter, nous conduira immanquablement à les reproduire.


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