Cela engendre une perte massive des valeurs du service rendu majoritairement aux populations les plus pauvres et vulnérables : solidarité, accompagnement désintéressé et émancipateur, écoute.
Dans la société automatisée qui se construit sous nos yeux, qui vise à tout modéliser, y compris les rapports humains, seul ce qui est évaluable compte.
Dans ce contexte qui fait prévaloir la culture du résultat et l’efficacité immédiate, le travail social ne peut être que discrédité. Son utilité est en permanence revisitée par une technocratie au pouvoir dans nos collectivités, sous couvert d’une soi-disant modernité.
Le rapport coût/bénéfice, cher au capitalisme, s’immisce comme outil d’analyse. De nouveaux vocables pour qualifier nos actions et notre travail sont d’ailleurs introduits. Ils reposent sur des concepts commerciaux... et ce n’est pas un hasard : « portefeuille d’actions », « portefeuille d’usagers », « flux », « stocks », « plus value », « objectifs opérationnels », « offre de service », « file active », « réponses réactives », etc.
